Constituante et l’e-représentation partielle: et si le Valais était pionnier de l’e-politique ?

Neil Beecroft (Gillioz), CoFondateur PuraWorka

Le futur du travail, son espace et sa flexibilité sont LE sujet brûlant actuel. Les milléniaux sont en train de boomer, ils sont nés avec un écran et sont considérés comme des nomades numériques. En Suisse, work-smart-initiative.ch prône un modèle de travail flexible (à distance) et est en train de convaincre l’ensemble des secteurs forts de l’économie helvétique !

En termes de durabilité, les bénéfices du travail flexible sont multiples, pour accroître la motivation intrinsèquement liée à la production, pour diminuer les déplacements (sources d’émissions carbone) et pourquoi pas stimuler la confiance au détriment du contrôle ? Selon une étude de Deloitte sur le futur du travail en Suisse, la flexibilité sera la variable majeure.

Dans le même esprit, la politique se doit de s’adapter à ces nouvelles pratiques et tendances afin d’attirer/conserver les futures générations et talents.  Elle pourra aussi y trouver des opportunités d’égalité des genres et d’équité sociale et professionnelle.

Au travers de la Constituante, le Canton du Valais pourrait profiter d’une occasion unique de tester l’e-représentation : laisser un temps partiel pour une représentation politique et des débats à distance, ceci grâce à l’utilisation des nouveaux outils technologiques.  

Soyons clairs, la digitalisation parlementaire n’est qu’une question d’années, pourquoi donc ne pas être précurseurs en Valais et servir d’exemple à l’international lors d’un premier pas innovant ?

Pour ce faire, une approche partielle pourrait être envisagée :

a) Séances présentielles obligatoires de visu;

L’échange humain doit rester prioritaire, un certain nombre de séances devront être identifiées et suivies ‘obligatoirement’ en présentiel.

b) Pourcentage de représentation à distance par ‘parti’ ;

L’e-représentation profitera à l’ensemble des partis et leurs élus, chaque formation devra opter pour un pourcentage de représentation à distance.

c) Pourcentage de représentation à distance par élu ;

Chaque élu bénéficiera d’un pourcentage de représentation à distance et selon les séances identifiées.

d) Les trois premières propositions pourraient également s’adapter aux travaux de groupe ;

Les travaux de groupe pourront également suivre une logique similaire.

 

La possibilité d’une e-représentation serait décisive dans le choix de candidature. et pourrait être bénéfique à l’ensemble des listes ! Cette possibilité devrait être ainsi discutée au plus tôt au niveau étatique.

Prenons l’exemple de mères ou de pères au foyer. L’e-représentation favoriserait une meilleure égalité des genres et la participation à distance de personnes et professions ne pouvant pas facilement se libérer ou se déplacer et ayant été jusqu’à présent laissées de côté. En parlant de déplacement, quid des personnes âgées ou à mobilité réduite ? La technologie aujourd’hui les inclut parfois mieux que la société. Voyons-y une grande opportunité pour une plus grande diversité représentative – alignée sur les valeurs que le mouvement Appel Citoyen défend.

Le monde bouge, le Valais s’ouvre, attire des étrangers pour la construction de projets pharaoniques tels que nos barrages (aujourd’hui face à des défis durables), ou nos tunnels qui nous ont ouvert au monde et nous ont facilité l’accueil de touristes. Aujourd’hui, nous nous devons de passer d’un tourisme de construction à un tourisme d’exploitation. Le bétonnage de nos montagnes est terminé, bientôt le sable disparaitra et fera place à l’érosion des Alpes accentuée par le réchauffement climatique, la fonte des glaciers coulera ses dernières gouttes et la rareté de l’eau se fera sentir. Tels sont les grands défis de demain.  Nous nous devons d’y développer des opportunités afin de conserver notre si belle richesse naturelle.

A nous de voir dans la Constituante, un outil pour s’y adapter. Il fut un temps où les Valaisan(ne)s partirent découvrir de nouvelles contrées à la recherche d’un monde meilleur, l’on se remémore bien sûr nos lointains cousins d’Argentine ayant émigrés quelques dizaines d’années précédant la dernière  Constitution. Depuis 1907, tout s’accélère. Qui de nos jours peut prédire où il/elle sera dans les quatre prochaines années à venir ? Aujourd’hui, qui sait encore définir la notion « à long terme » ?  Laissons ainsi la liberté aux Valaisan(ne)s d’être flexibles, d’étudier, de voyager, de travailler et vivre à distance. Plus important, ramenons-les ensuite sur notre territoire. Le Valais sera demain « le monde meilleur ». Les gens pourront y travailler à distance au travers des nouvelles technologies, mais surtout bénéficier d’échanges humains et de notre qualité de vie afin de jouir de notre richesse immatérielle  en respectant notre nature ! L’e-représentation partielle démontrera justement la capacité du Valais à s’adapter et tirer le meilleur de ce que la nature humaine pourra développer, de façon durable que cela soit au niveau des énergies renouvelables, de l’intelligence artificielle ou de l’innovation.

La réalité virtuelle toque à nos portes. Jean-Luc Melenchon, au travers de séances holographiques, a récemment envoyé simultanément un hologramme lors la dernière élection nationale sur l’ensemble du territoire français et même outre-mer. En Suisse, certaines personnalités publiques valaisannes et élues à Berne sont bien plus ‘présentes’ virtuellement en Valais via les réseaux sociaux. Au travers du nouveau territoire digital, elles participent donc, à distance, à la vie politique, économique et sociale du Canton.

L’e-représentation partielle au travers de la Constituante pourrait ainsi servir de test pour les séances parlementaires des années à venir. Les constituants n’ont pas de suppléance, l’e-représentation amènerait même une solution pour assurer une meilleure présence au Parlement. Notre politique valaisanne n’aurait ainsi pas forcément besoin d’avoir recours à des suppléants comme c’est déjà le cas dans d’autres cantons.

De nos jours, les solutions technologiques ne manquent pas et sont accessibles à bas coût. Il est évident que les bénéfices d’une e-représentation partielle seront non seulement humains mais surtout financiers, par exemple au niveau des frais administratifs et d’indemnités.

Il est essentiel de souligner que l’aspect humain ne devra jamais être remplacé (!). Avec la nature, il est le fondement de la richesse immatérielle de notre société. D’ailleurs, durant les séances, davantage d’accent devrait être porté sur les échanges humains où les représentants devront être physiquement présents et déconnectés lors de débats. La nature, ne pourrait-elle pas également accueillir certaines séances afin de replacer l’être humain au milieu de son habitat et faciliter également cette prise de conscience ? De plus, des activités culturelles et sportives ne seraient-ils pas l’occasion d’amener de l’humanité dans l’esprit de la rédaction de la Constituante ?

Actuellement, soyons d’accord, les séances parlementaires ne sont pas toutes suivies attentivement. L’e-représentation pourrait être une solution à l’abstentionnisme mais également au vote à distance – que le mouvement non partisan Appel Citoyen teste déjà pour sa primaire digitale.

L’e-représentation et la digitalisation, la réponse à tous les maux politiques et sociétaux ? Sûrement pas ! Comme l’accès aux données, les risques y sont majeurs. Voyons également une opportunité de transparence. Toutefois en gardant l’être humain au centre, en adoptant une approche partielle, la Constituante pourra servir de projet pilote à ce que l’évolution de la société puis la politique vivra. Ces dernières devront faire en sorte que l’être humain s’adapte aux nouvelles technologies tout en gardant l’humanité en priorité.

Pour conclure, le mouvement non-partisan Appel Citoyen prône ainsi une démocratie directe, humaniste et éthique, tournée vers l’innovation. D’ailleurs, la HES-SO Valais/Wallis travaille déjà sur le développement d’une plateforme consultative citoyenne. Cette plateforme digitale pourra alimenter les discussions de fond sur les futures thématiques que la Constituante dessinera, pour le Valais de demain !  

Neil Beecroft (Gillioz), CoFondateur PuraWorka

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