Lettre ouverte à M. Lovey

Cher Monsieur Lovey,

Mon courriel était prêt, il ne partira pas, comme brisé dans son élan citoyen. J’avais prévu de vous inviter à vous porter candidat à la candidature sur une liste Appel Citoyen. C’eût été un honneur de vous accueillir dans cet engagement de première proximité, directement aux prises avec l’avenir du canton. Peut-on imaginer plus belle mission que d’esquisser les contours du vivre-ensemble?

Votre lettre d’avril 2018 adressée à tous les « concitoyen(ne)s » délivre un message clair : « … la place et le rôle du prêtre est ailleurs, pas dans la Constituante ». On peut ergoter à l’infini, mais difficile de ne pas y voir une interdiction. Malheureusement, j’imagine que l’interdiction vaut également pour l’évêque. Dommage donc, pas de candidature pour l’heure.

Vous précisez qu’il ne s’agit pas de se « défausser », mais je peine à voir comment va se concrétiser la responsabilité des gens d’Eglise du point de vue de la Constituante. Si les Chrétiens sont dans le monde – d’après les propos de Pierre-Yves Maillard, vicaire général du diocèse de Sion sur les ondes de la RTS – pourquoi leurs autorités ecclésiastiques n’y sont pas, ou, pire, n’ont-elles pas le droit d’y être ? Rien n’assure que des prêtres auraient été choisis au suffrage universel, mais leur laisser la chance d’être candidat aurait été un beau geste. Une part de l’idéal de la vie évangélique ne réside-t-il pas dans une juste contribution à l’amélioration du monde ?

Je peux comprendre qu’un engagement partisan eût été périlleux. Mais les listes Appel Citoyen offrent très exactement cet enrichissement à la vie démocratique. Elles sont ouvertes à tous ceux qui, pour des raisons qui leur sont propres, ne peuvent ou ne veulent pas aller sur une liste partisane. Dans son interview, Pierre-Yves Maillard semble mal informé sur l’existence de ce vaste mouvement citoyen. Dommage, car Appel Citoyen répond parfaitement aux soucis de droit canon qu’il expose brièvement. Pas d’engagement partisan, mais un engagement politique et citoyen au service de tous. Peut-être cette information n’était-elle pas parvenue à l’évêché au moment de formuler cette interdiction? Peut-on espérer que vous fermerez un oeil pour les listes indépendantes et non-partisanes?

Je crois profondément à l’idéal d’égalité que porte la citoyenneté moderne. Et le moment constitutionnel, c’est l’apogée de cet idéal. Les citoyennes et citoyens se retrouvent en tant qu’égaux pour se donner des règles de fonctionnement. Il aurait été magnifique que les prêtres, citoyens comme les autres, puissent participer à cette grande aventure. Mais les voici sommés de rester en dehors du monde politique. Une occasion manquée.

Dans l’espoir que certains braveront l’interdit pour se joindre à la Constituante et faire leur office de citoyen, je vous envoie mes amitiés toutes républicaines.

Johan Rochel

1 Commentaire
  1. Jean Bonnard 2 mois Il y a

    L’Etat et l’Eglise
    « … la place et le rôle du prêtre est ailleurs, pas dans la Constituante ». Je partage cet avis. A l’heure où la plupart des problèmes de sécurité sont liés à des questions confessionnelles, le texte de base du vivre ensemble ne doit pas faire de la religion un argument de campagne. L’appartenance à une église relève de la sphère privée et c’est bien ainsi.

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