Baromètre Constituante 29 avril 2019 – Parité, temps de parole et votes

Lors de sa séance plénière du 29 avril 2019, la Constituante a accepté son projet de règlement. Parmi de nombreuses innovations, les 130 élu·e·s ont choisi d’accorder une grande importance à l’égalité homme-femme (écriture épicène, parité dans le collège présidentiel). Les élu·e·s ont également accepté un fort engagement pour plus de transparence. A ce titre, les données produites par la Constituante sont mises à disposition du grand public, si possible en privilégiant un format ouvert.

Afin de démontrer le potentiel de la combinaison de ces deux innovations réglementaires, nous avons compilé et préparé les statistiques relatives aux différentes prises de parole de la journée et aux votes sur deux questions spécifiques de modifications du règlement. Nous présentons ici à la lumière de la question de l’égalité entre hommes et femmes.

Temps de parole

Les femmes ont occupé globalement 17% du temps de parole (48 min) contre 83% pour les hommes (3h53min).

      

Les chiffres détaillés montrent que la plupart des groupes politiques, y compris Appel citoyen, doivent encore faire de sérieux efforts pour que le temps de parole soit plus équilibré. Point intéressant, au PDCVr les femmes se sont davantage exprimées que les hommes (20 minutes pour elles contre 13 pour eux), même si c’est un homme qui s’est exprimé le plus longtemps. Les Verts sont proches de la parité : l’homme qui a pris la parole n’ayant globalement parlé que 30 secondes de plus que les femmes du parti. Dans les groupes politiques du Haut-Valais, seuls des hommes ont pris la parole.

Votes en lien avec égalité hommes-femmes

En outre, les 130 membre de la Constituante ont dû se prononcer sur deux modifications au règlement qui touchaient directement à la question de l’égalité hommes-femmes : l’écriture épicène et la parité du collège présidentiel. Comment les élu-e-s de la Constituante ont-ils voté sur ces deux questions ? Il faut d’abord savoir que la Constituante est composée de 88 hommes et de 42 femmes. Celles-ci ne représentent donc que le 32% de l’Assemblée. Le genre a-t-il joué un rôle au moment de voter sur ces deux questions ? Analyse.

A la proposition d’utiliser le langage épicène dans tous les documents issus de la Constituante, les voix se sont réparties de la manière suivante :

  • Oui : 69% dont 33 femmes et 52 hommes 
  • Non : 26% dont 5 femmes et 28 hommes 
  • Abstention : 5% dont 1 femme et 5 hommes
  • N’ont pas voté : 6 personnes dont 3 femmes et 3 hommes

Ce vote est réparti selon les genres comme suit :

Les femmes acceptent donc le langage épicène dans une proportion supérieure à celle des hommes. Trois hommes et trois femmes n’ont pas voté sur cette proposition. Comme les femmes sont moins nombreuses dans l’assemblée, c’est donc une proportion plus grande d’entre elles qui n’ont pas voté (ou pas osé voter) cette proposition.

A la question d’introduire la parité hommes-femmes au sein du collège présidentiel, les voix se sont réparties de la manière suivante :

  • Oui: 62 % dont 32 femmes et 46 hommes
  • Non : 31% dont 3 femmes et 28 hommes
  • Abstention : 13% dont 2 femmes et 15 hommes
  • N’ont pas voté : 8 personnes dont 5 femmes et 3 hommes

Ce vote est réparti selon les genres comme suit :

Ici aussi, on constate que les femmes acceptent le principe de la parité dans une proportion supérieure à celle des hommes. On constate néanmoins que 12% d’entre elles ont choisi de ne pas voter.

Détail piquant : exactement la moitié des hommes a accepté cette mesure. Si l’assemblée n’était composée que des hommes, il aurait donc manqué une voix pour qu’elle atteigne la majorité absolue et qu’elle passe la rampe.

D’autres angles d’analyse sont possibles sur la base de ces données (par ex. répartition des votes et temps de parole par districts, par groupes politiques, par âges, etc.). Les données utilisées pour ces graphiques sont publiques et à disposition de toutes et tous (cf. ci-dessous). Elles peuvent être utilisées pour mesurer d’autres aspects. Merci d’avance à celles et ceux qui veulent réaliser ces analyses de les mettre à leur tour à disposition du grand public !

Note méthodologique: pour cette plénière, le président Zermatten et la rapporteure Follonier n’ont pas été pris en compte pour le calcul du temps de parole, vu leurs rôles spécifiques.

Graphiques détaillés (temps de parole) :
https://public.tableau.com/profile/florian.evequoz#!/vizhome/InterventionsConstituanteValais29avril2019/Tempsdeparolepargenreproportion

Données Open Data (accès libre) :

 

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